Le repas assis serait mort. On l’entend depuis cinq ans dans les salons du mariage : place aux cocktails dînatoires, aux food trucks, au buffet qu’on picore debout. Les chiffres disent autre chose. Sur une étude portant sur 9 144 réponses de couples collectées entre janvier 2022 et juin 2026, 48,7 % veulent encore un repas servi complet : entrée, plat, fromage, dessert, dans cet ordre-là. Le buffet traiteur suit avec 28,6 %, loin devant le service simplifié réduit au plat et au dessert (15,4 %) et le buffet fait maison (6,6 %). Seuls 0,8 % des couples renoncent purement et simplement au dîner. Ces données viennent de budget-mariage.com, qui a compilé les réponses des couples sur toute la France.
Autre indice que le service reste une priorité : parmi les couples à qui la question est posée, 49,1 % prévoient des serveurs professionnels le jour J. On ne confie pas un repas assis complet à des bénévoles récupérés dans la famille, en tout cas pas si on peut l’éviter.
Vin d’honneur et soirée : deux ambiances, deux cartes

Côté boissons, les mariés composent leur carte comme un restaurant compose sa carte des vins : pas la même chose à 17h qu’à minuit. Au vin d’honneur, le champagne domine largement, cité par 58,3 % des couples (plusieurs réponses étaient possibles, les totaux dépassent donc 100 %). Le bar à bières arrive juste derrière avec 43,7 %, puis le vin rouge de Bordeaux (36,2 %), le vin blanc de Bourgogne (32,8 %) et le crémant (22,7 %).
La soirée renverse complètement cet ordre. Le bar à bières prend la tête avec 51 % des réponses, le champagne redescend à 34,3 %, le crémant reste stable à 27,6 %, et les spiritueux entrent en scène : rhum ambré (23,2 %), whisky (22,9 %). Logique, en un sens : on trinque au champagne à l’apéritif pour l’élégance des photos, on danse ensuite avec ce qui tient jusqu’à quatre heures du matin.
Un mariage sur cinq, sans une goutte d’alcool
C’est le chiffre que presque personne n’anticipe quand il prépare son propre mariage ou celui d’un proche : 17,3 % des couples ne veulent aucun alcool au vin d’honneur, et 21,4 % n’en veulent pas non plus en soirée. On imagine souvent qu’il s’agit d’un choix religieux ou d’une grossesse à couvrir, mais l’ampleur du phénomène, plus d’un mariage sur cinq le soir, suggère quelque chose de plus large : une génération qui repense sa consommation d’alcool, y compris le jour où on l’attend le plus. Pour qui organise une réception, la leçon est concrète : prévoir des mocktails soignés n’est plus une option de niche, c’est une attente réelle chez une part significative des convives.
Le wedding cake résiste, la pièce montée aussi
Au dessert, le gâteau américain façon wedding cake arrive en tête avec 41,7 % des réponses, suivi du buffet sucré (37,8 %) et de la pièce montée traditionnelle, toujours vivante à 36,3 %. Les options plus spectaculaires restent minoritaires : fontaine à champagne (14,4 %), fontaine au chocolat (10 %). Rien d’étonnant : ce sont des animations coûteuses et logistiquement lourdes, réservées aux réceptions qui ont le budget et l’espace pour les assumer.
Le brunch du lendemain, un vrai second repas
Longtemps traité comme un simple café croissants pour dire au revoir, le brunch du lendemain devient un repas à part entière : 41,7 % des couples en organisent un, et parmi eux, 66,3 % le confient à un traiteur plutôt que de le préparer eux-mêmes, épuisés après une nuit de fête. Il rassemble en médiane 60 invités, contre 100 à la réception de la veille : un cercle plus resserré, souvent la famille proche et les amis venus de loin.
Un mot sur les cadeaux d’invités, même si la donnée est plus fragile ici (903 couples seulement ont renseigné cette question) : le budget médian tourne autour de 2 € par cadeau, avec les dragées toujours en tête (33,8 %), devant la bougie parfumée (18,7 %) et les graines à planter (14,5 %), signe qu’une part des couples cherche des attentions plus originales que le sachet d’amandes classique.
Pour situer tout cela : le mariage médian réunit 100 invités, pour un budget total visé de 11 000 €, dont la réception (repas et boissons compris) absorbe à elle seule 58 %. De quoi rappeler, si besoin, que la table reste le vrai centre de gravité d’un mariage, bien avant la robe ou la décoration.






